Colette Vlérick, auteur de «L’Herbe à la reine», roman historique morlaisien

Ancien pôle économique de Morlaix, la Manufacture étend toujours sa silhouette massive sur le quai de Léon, près du port, d’où, autrefois, partaient ses cargaisons de tabacs. Cet emblème de la ville, Colette Vlérick a décidé de le faire revivre, d’en restituer les couleurs à travers une saga historique centrée autour d’une famille de commerçants morlaisiens. Le premier volume de « L’Herbe à la reine », est paru l’an dernier aux Presses de la cité. En attendant la publication prochaine du second tome, elle a accepté de répondre à nos questions et de lever le voile sur son travail, et son attachement pour la ville de Morlaix et son histoire.

Colette-web

« L’herbe à la reine » nous raconte l’histoire de la manufacture des tabacs de Morlaix à travers une saga familiale. Cela fait maintenant plusieurs années que la « Manu » a fermé ses portes et elle est actuellement en pleine reconversion pour devenir un pôle culturel de la ville. Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire revivre ces pages de l’histoire de Morlaix ?

Ce n’était pas trop loin de chez moi et j’aime bien Morlaix. Je trouve que c’est une belle ville, qui a du caractère. Le mélange des époques fait que l’on y ressent le passage du temps, comme une sorte de mille feuille que l’on découvre peu à peu à chaque balade. C’est une ville qui, par sa seule existence, raconte son histoire. Et puis j’aimerais aussi que tout soit en couleur, comme avant, pour retrouver le dynamisme d’autrefois.

Le roman nous plonge dans la vie quotidienne du XVIIIème siècle. Le lecteur morlaisien y retrouve des lieux qu’il connait mais sous un aspect bien différent. Le travail de documentation pour faire revivre cette époque a du être considérable. Combien de temps vous a pris la préparation du livre ? Comment avez-vous procédé pour trouver toutes les informations dont vous aviez besoin ? Quels ouvrages de référence vous ont été les plus utiles ?

Cela représente à peu près un an de travail parce que je ne peux pas y consacrer plus de temps pour des raisons matérielles. Les recherches, comme pour tous mes livres, se font d’abord en bibliothèque. À Morlaix, la bibliothèque des Amours Jaunes est une mine de documentation et les bibliothécaires sont formidables. Le plus utile, en ce qui concerne la Manufacture, est le gros travail de monsieur Pellen, ancien directeur.

Vous êtes-vous inspirée de personnages et d’anecdotes réels pour élaborer votre histoire ?

Bien sûr ! Par exemple, l’exécution est tirée du récit d’un témoin. Le corsaire Cornic a existé comme tout le monde le sait à Morlaix. Il y a du potentiel pour raconter des dizaines d’histoires autour de Morlaix !

Le choix du cadre de Morlaix traduit-il un attachement particulier à cette ville ? Qu’est-ce qui vous plait à Morlaix ?

Ce que j’aime ? C’est une ville riche où je me sens de nouveau citadine. Je suis née à Paris, et j’ai vécu dans la banlieue ouest. Paris, c’est grand, mais la ville se compose de quartiers qui ont une identité propre. Or, à Morlaix, je retrouve ça, à dimension plus humaine. Elle aussi est constituée d’une multitude de petits villages, comme le quartier de la Manu, celui de St-Melaine, la vieille ville, St-Mathieu… Ces quartiers entremêlent les époques et les styles, ce qui donne à Morlaix la personnalité d’une grande ville avec différentes identités.

Le premier tome est sorti en septembre 2012. Quand la suite est-elle prévue ? Votre récit va-t-il nous amener jusqu’à la fin de la manufacture et à l’histoire récente ?

La suite arrive en septembre 2013 et mène le lecteur jusqu’à 1870. La suite et la fin de l’histoire feront l’objet d’un troisième tome.

Y-a t-il d’autres aspects de l’histoire de Morlaix ou de ses environs que vous aimeriez évoquer dans d’autres livres ?

L’histoire des moulins à papier est également passionnante. Il y en a eu énormément, parce que, dit-on, les eaux du Queffleuth s’y prêtaient. Le papier était fait à partir de chiffons et était d’une qualité extraordinaire, rien à voir avec nos papiers actuels. Les livres de l’époque, vous pouvez les manipuler, et ils seront toujours là dans trois siècles !

L’histoire des pilhaoueriens, qui collectaient les chiffons pour alimenter cette industrie, est, elle aussi, passionnante. Il y a une logique géographique ; les pilhaoueriens descendaient des Monts d’Arrée tout comme l’eau qui alimentait les moulins. L’export du papier représentait un commerce important au XVIIIe siècle, et son histoire est marquée, entre autre, par un personnage extraordinaire, François-Marie Andrieux. Il est parti à Brest à peine douze ans pour s’engager dans la Royale, où il a conquis ses grades avant de revenir au pays développer les moulins à papiers. Il a mis en place la première machine à vapeur à production de papier en continu aux papeteries de Glaslan. D’ailleurs, elles n’ont fermé qu’il y a peu.

Le passé de Morlaix est riche, et il me lance sur plein de sujets, parce que dans chaque roman, il y en a dix à faire sur certains points de détail que je ne peux pas développer. Et puis j’aimerais revenir sur certains personnages secondaires qui sont intéressants mais que je n’ai pu développer. J’ai la matière pour élaborer une grande saga. Mais il y a trop de choses à raconter, c’en est même frustrant. Il y aurait du travail pour plusieurs auteurs.

Avez vous un lieu de prédilection dans la ville de Morlaix ? Un endroit propice pour vous plonger dans le passé et l’histoire de la Bretagne ?

Pour l’avoir fréquentée avec une certaine assiduité, j’avoue avoir un faible pour la bibliothèque les Amours Jaunes. Le Café de la terrasse me plaît aussi. C’est un endroit où on voit passer l’histoire et qui est intimement lié à Morlaix, comme l’hôtel de l’Europe. On le retrouve sur les toutes premières photos de Morlaix, les plus anciennes. Il a marqué son empreinte dans la ville, et en même temps, il s’est modernisé. Il est en cela emblématique de la ville et de sa façon de suivre le mouvement et d’évoluer en gardant les traces de son passé. Et c’est une vraie brasserie, je m’y sens en ville.

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Rencontre avec Colette Vlérick

Retrouvez Colette Vlérick le 14 août à l’office de tourisme de Morlaix à l’occasion du pot d’accueil hebdomadaire de 17h30 à 19h00 . Elle vous y parlera de ses livres, de l’histoire de Morlaix, et se fera un plaisir de dédicacer vos exemplaires de « L’Herbe à la reine » (en vente chez notre partenaire – librairies Dialogues)

*Photo Ouest-France

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