Le sentiers du Fers, un voyage à travers l’histoire

Saint-Thégonnec est principalement connue pour son enclos paroissial. Pourtant, cette petite commune située entre la baie de Morlaix et les Monts d’Arrée recèle d’autres trésors cachés, eux aussi hérités de la période très faste de l’histoire de la Bretagne, liée notamment à la culture du lin, entre le 16ème et le 18ème siècle. Par les routes de campagnes et les sentiers en sous-bois, vous découvrirez un patrimoine riche.

Point de départ : le Kanndi du Fers

Pour se rendre au lieu-dit du Fers, à partir du bourg de Saint-Thégonnec, empruntez la route de Sizun (RD 118) sur environ 3 kms. Après être passé sur le pont au-dessus de la voie ferrée, prenez à gauche au lieu-dit Rusquec Bian pour rejoindre Sainte-Brigitte. Avant la chapelle, tournez à gauche puis à droite au Calvaire du Cosquer. Vous êtes arrivé au Kanndi du Fers, le point de départ et d’arrivée du parcours. 

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Kanndi du Fers, rénové par les membres bénévoles de l’association « Saint-Thégonnec, Patrimoine Vivant »


Le travail du lin : de la fibre à la toile

Après avoir poussé dans le sol fertile près des côtes de la Manche, les tiges de lin sont ramenées dans les terres pour y être transformées en fil puis tissées. Un Kanndi, « maison à blanchir » en breton, est comme son nom l’indique une petite bâtisse où étaient lavés les fils de lin. De l’eau était bouillie dans la cheminée puis transvasée dans une grande auge où les fils de lin étaient mis à tremper avec des cendres de hêtres. Les fils étaient ensuite rincés dans le cours d’eau qui passait directement dans la petite maison. Après avoir subi plusieurs fois cette opération, le fil prenait enfin sa couleur blanche.

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Kanndi du Fers, intérieur (cheminée, auge et douet)
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La particularité des toiles de lin de la région était qu’avant d’être tissés, les fils de lin étaient blanchis. C’est ce qui a fait la renommée des « Crées » du pays de Morlaix.


Les maisons de tisserands

Après avoir visité le Kanndi, remontez la route goudronnée vers le village du Fers. Vous pouvez y voir une ancienne maison de tisserand. Le riche tisserand qui habitait là chargeait les paysans l’hiver de filer, blanchir et tisser les fibres de lin. Les fils après avoir été blanchis, étaient étalés au soleil, près de la maison, pour sécher mais toujours sous haute surveillance ! Jour et nuit, les fils étaient gardés. Les maisons des tisserands étaient de grande taille et possédaient un étage accessible par un escalier extérieur. Cet escalier extérieur permettait un accès direct à l’atelier, sans passer par la partie habitée. 

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Maison du lieu-dit de Kergrenn, exemple de maison de tisserand
(association « Tiez Breiz », Mr Olier)

Traversez le village et prenez au bout à gauche le sentier descendant dans le bois. Celui-ci est composé de hêtres, qui une fois réduits en cendres, servaient à blanchir le lin. Longez rivière et ruisseaux puis traversez-les grâce aux petits ponts de bois et de pierres.

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Le Village de Keranflec’h

Remontez un chemin creux menant à la voie communale. Tournez à droite et 300 m après prenez à droite en direction du moulin de Bailléguen. Laissez le moulin sur la droite, traversez la rivière et prenez à gauche un chemin qui mène aux ruines de Keranflec’h.

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Il est vraisemblable qu’au 16ème-17ème siècle le village de Keranflec’h était habité par des ouvriers tisserands qui outre le travail de la terre en été, participaient au tissage du lin en hiver. Le village a été habité jusque dans les années 50. A cette époque il ne restait plus que deux maisons habitées. Les derniers habitants y vivaient de leur petites fermes, avec quelques cochons et vaches, sans eau courante ni électricité.

Keranflec’h, laissé à l’abandon pendant plusieurs décennies, fait l’objet ces deux dernières années de travaux de consolidation. Des chantiers de bénévoles ont été mis en place associant la commune, les associations « Saint-Thégonnec, Patrimoine Vivant » et « Au fil du Queffleuth et de la Penzé », un voisin et l’un des propriétaires de Keranflec’h, afin de débroussailler autour des bâtis, de dégager les arbres menaçants et de couper le lierre. Deux autres chantiers de volontaires internationaux, en partenariat avec l’association « Etudes et Chantiers » ont été organisé pour consolider la maison d’habitation principale du village. Le site de Keranflec’h est un témoignage des conditions de vie des générations qui nous ont précédées.

Chantier de Bénévoles, Saint-Thégonnec, Finistère, Bretagne

Après le village, prendre à droite pour emprunter un sentier qui, à travers bois et prairies, vous conduit sur une voie communale. Descendez tout droit et vous voilà de retour au point de départ !

Informations pratiques : 
4 km, 1h30 environ, circuit facile
topoguide disponible à l’office de tourisme de Saint-Thégonnec

Crédit photos : Bernard Corre

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