Jérémie Beyou, interview exclusive avant le départ de la Route du Rhum

Pur produit de la baie de Morlaix, Jérémie Beyou use en famille ses cirés sur Optimist dès son plus jeune âge. Auparavant licencié au centre nautique de Carantec, c’est ici qu’il fait ses premières armes à la voile avant de devenir l’un des navigateurs professionnels les plus doués de sa génération.

Après une 3ème victoire à la Solitaire du Figaro il y a quelques mois, ce compétiteur passionné au palmarès aussi long qu’impressionnant, se lance dans une nouvelle aventure en solitaire. À bord de son 60 pieds IMOCA aux couleurs de Maître CoQ, il est l’un des grands favoris de cette course au large mythique : la Route du Rhum.

À quelques jours du coup d’envoi le 2 novembre prochain à Saint Malo, Jérémie Beyou, le carantécois de cœur, nous livre une interview exclusive à Carantec, le 20 octobre 2014.

Jemerie Beyou, Imoca Route du Rhum 2014

J-13 avant le grand départ pour la Route du Rhum : comment vous sentez-vous ?

Et bien plutôt bien. Le bateau est prêt, j’ai suivi les bons entraînements, je me sens physiquement dans de bonnes conditions. Tous les voyants sont au vert et j’ai maintenant hâte d’être au rendez-vous à Saint-Malo !

Est-ce une 1ère participation pour vous ?

Ce sera ma deuxième participation. La 1ère était en 2006 mais j’avais dû abandonner quelques heures seulement après le départ. Donc pour moi, cette année sera comme une grande première !

Pourquoi la Route du Rhum ?

Nous suivons le championnat IMOCA* et la Route du Rhum fait partie des incontournables dans le calendrier. Nous souhaitons aussi proposer à notre partenaire Maître CoQ un programme attractif et cohérent. Après la Solitaire du Figaro ce printemps, la Route du Rhum est une épreuve mythique, dont on ne pouvait se passer.

Sportivement, elle représente également un plateau relevé ce qui m’intéresse en tant que skipper tant en termes d’expériences que de défis.

Son 3ème titre sur cette épreuve reine de la course au large, ce qui le place dans le cercle très fermé des triples champions composé de Philippe Poupon, Jean Le Cam et Michel Desjoyeaux.

*L’IMOCA est l’association de classe qui gère les monocoques Open de 60 pieds (18,28 mètres). Avec plus de trente skippers membres, son Championnat regroupe deux courses autour du monde, un tour de l’Europe et plusieurs courses trans-océaniques. La Classe IMOCA concoure à l’internationalisation de la course au large et conjugue au quotidien les notions de compétition, d’innovation, d’aventure humaine et de sécurité. Ses courses sont pour l’essentiel des courses en solitaires et en double et son Championnat du Monde consacre des skippers d’exception qui régatent sur les mers les plus difficiles du Globe.

Jemerie Beyou, Maitre Coq Imoca Route du Rhum 2014

Comment vous êtes-vous préparé pour une telle course ?

Le projet Maître CoQ* a vu le jour fin 2011 et devrait se prolonger jusqu’en 2017 avec le Vendée Globe 2016-2017. La préparation se déroule tout au long de l’année. Avec mon partenaire, nous avons un fonctionnement assez classique : le bateau reste au chantier pendant 2-3 mois pour préparation, nous l’avons mis à l’eau cette année fin mai.

Les mois suivants sont consacrés à des entraînements en solitaire avant la grande course de fin d’année. Je suis en immersion depuis début août. Le dernier stage d’entraînement en solitaire organisé par le Pôle France à Port-la-Forêt s’est déroulé il y a quelques jours dans des conditions difficiles, donc instructives. Et ça va, je suis dans le match et à l’aise.

Après quelques jours de repos, je retrouve l’équipe technique demain, juste avant le convoyage vers Saint-Malo…

* Le partenariat voile avec Jérémie Beyou est ainsi devenu l’outil de communication phare de la marque Maître CoQ. Jérémie Beyou porte les couleurs de la marque sur deux circuits de course au large à la fois : en Imoca 60 (Route du Rhum, Vendée Globe…), mais aussi sur le très exigeant Figaro Bénéteau (Solitaire du Figaro…). Pour Stéphane Sallé, directeur général de Maître CoQ : « C’est un compétiteur pur et dur. Son moteur c’est la performance. Exactement comme nous. Et il a su développer une relation de confiance et de sympathie avec les salariés. Tout cela nous confirme dans notre choix »

De quelle manière travaillez-vous avec votre équipe à terre ?

Les courses IMOCA interdisent le routage et l’assistance. Les skippers ont contact avec les équipes à terre uniquement pour palier à des problèmes techniques. Nous sommes cependant régulièrement en lien pour de la communication classique (presse, interview…). Notre rôle en tant que skipper est aussi de faire partager nos aventures avec le grand public.

Mais une course en solitaire est le résultat du travail de toute une équipe en amont. Nous avons 7 personnes en permanence dans l’équipe, ce sont des techniciens pointus dans de nombreux domaines.

Quelle est la première chose que vous ferez en arrivant en Guadeloupe ?

Je pense que je commencerais par une bonne douche, puis un bon repas, avec de la viande pour reprendre des forces !.

Vous avez fait vos premières armes à la voile en baie de Morlaix. Quels souvenirs en gardez-vous ? Avez-vous un attachement particulier à Carantec et à sa baie ?

Oui, bien sûr, j’y ai passé toute ma jeunesse ! C’est avec grand regret que je ne vis plus dans le coin, je réside désormais à Larmor Plage près de Lorient. En raison du manque d’infrastructures, j’ai dû migrer comme d’autres skippers vers le sud Bretagne qui apporte ce qu’il faut en termes d’accueil portuaire, malgré la création du tout nouveau port de Roscoff en Baie de Morlaix, et d’entraînement sportif avec le Pôle France à Port-la-Forêt.

J’aime revenir à Carantec, et plus particulièrement au centre nautique, pour recroiser les personnes qui ont su m’insuffler la passion de la voile et de la compétition.

Quand j’en ai l’occasion, j’apprécie m’entraîner dans la baie ou bien faire un peu de planche. Mon planning ne me permet pas de revenir aussi souvent que je le souhaiterais, mais lorsque j’amène mes enfants chez mes parents pour les vacances, c’est un véritable retour aux sources : je les ai inscrits aux stages d’été de l’ACN Carantec Nautisme, au Jardin des Mers, au Club de plage… c’est sympathique de retrouver les lieux de mon enfance !

Pour laler plus loin : découvrez les navigateurs de la Baie de Morlaix

carantec nautisme, baie de Morlaix, Bretagne

Vidéo : Les débuts à la voile du skipper Jérémie Beyou à Carantec, par son premier entraineur Hugues Imbert

beyou

Crédits photos : le portrait est à signé Y. Zedda / Maître CoQ, la photo du bateau est signée « B. Stichelbaut / Maître CoQ »

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