Festival Panoramas, un événement majeur

Alors que les organisateurs du festival Panoramas, qui se déroulera du 3 au 5 avril à Morlaix, sont dans les starting blocks, petit retour avec Eddy Pierres, son directeur, sur l’histoire de cet événement né il y a 18 ans dans les têtes ambitieuses d’une bande de copains morlaisiens.

Comment est né Panoramas ?

Panoramas a vu le jour en 1998, un peu par hasard d’une histoire de copains passionnés de musique. À l’origine, avec mon frère Lionel, musicien, nous avions imaginé un petit festival morlaisien où se produiraient les groupes du coin en devenir. Puis, suite à une soirée avortée que nous devions organiser dans un ancien Transfo EDF, et pour laquelle nous n’avions finalement pas eu d’autorisation, nous avons créé l’association WART (WAR + ART !) avec quelques bons amis qui, pour la plupart, sont encore dans l’aventure aujourd’hui.

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Le festival atteint sa majorité cette année : cette enfance et cette adolescence se sont-elles déroulées sans heurts ?

Bien sûr que non ! Un festival, c’est une aventure avec des hauts et des bas. Nous émergeons tout juste d’une situation financière très difficile : plus de 300000 euros de déficit que nous avons peu à peu réussi à résorber.

Au début et pendant de nombreuses années, il y a eu beaucoup de regards sceptiques quant à la capacité de développer un festival de musiques actuelles ambitieux à Morlaix. Même à l’aube de la majorité, nous continuons aujourd’hui toujours à devoir convaincre ou rassurer ! Notamment sur les questions de sécurité, de prévention.

C’est notre rôle et notre préoccupation première de faire que le festival se déroule dans les meilleures conditions possibles d’accueil des festivaliers, mais il faut savoir que le risque 0 n’existe pas et qu’un tel festival, qui l’espace d’un week-end multiplie par deux la population de Morlaix, ne peut pas se faire sans quelques désagréments. Mais je pense qu’au vu des effets positifs (retombées économiques et médiatiques notamment), le jeu en vaut la chandelle ! Et puis, rajeunir provisoirement la population du Pays de Morlaix, c’est assez amusant !

Quels en ont été les grands moments ?

Difficile à dire… Il y a 5 ans le premier panneau « Complet » que nous affichons au fronton du parc de LANGO bien sûr et que nous avons réaffiché régulièrement depuis. Nous sommes dans une phase ascendante puisque nous sommes passés en cinq années de 7 à 27 000 spectateurs ! Après, il faut rester vigilant, ne pas s’endormir sur ses lauriers, continuer à évoluer, à innover : le vent peut vite tourner, le public peut-être volatile, les modes changent… C’est pourquoi au-delà de rester pointus en matière de programmation musicale, nous accordons aussi une grande attention à l’accueil des festivaliers (décoration, prévention, sécurité…), des médias et des professionnels, qui de plus en plus nombreux à venir sur le festival.

D’autres beaux moments furent ces véritables instants de grâce artistique : le premier passage de Vitalic, Justice, Boys Noize, Bakermat, Stromae, Izia, Fauve… souvent bien avant de les voir à l’affiche d’autres festivals. Ou encore serrer la main ou croiser en loges Public Enemy, Alain Bashung, Jeff Mills…

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Par qui est porté l’événement aujourd’hui ? Comment a évolué Wart ?

Le festival est porté par l’association WART qui s’est largement professionnalisée au fur et à mesure des années. J’étais le seul permanent au démarrage, nous sommes aujourd’hui une équipe de 7 personnes à temps plein. L’association fonctionne aussi avec un bureau, un conseil d’administration, des intermittents, des bénévoles, pour beaucoup implantés en Pays de Morlaix et tous très investis dans l’aventure ! Au total, ce sont plus de 700 ou 800 personnes qui oeuvrent en amont, pendant et en aval du festival.

Mais Wart ce n’est pas seulement Panoramas, c’est une association qui axe aujourd’hui son activité autour de 3 grands domaines : le festival bien sûr (45%), mais aussi notre activité de booking (45%), moins visible du public, mais qui participe à l’essentiel de notre financement (nous avons un catalogue d’une trentaine d’artistes en tournée en France et à l’international). Le troisième volet est l’organisation de concerts (10%), principalement au Club Coatelan ou au Roudour, mais aussi à Rennes ou Paris car le nom de Wart devient une référence au-delà de nos frontières morlaisiennes.

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Comment le festival vit-il ? (subventions, autofinancement…)

À 90 % d’auto-financement complété par 10 % de subventions ! Mais ces 10 % là sont essentiels pour garder un prix d’entrée aux spectacles accessibles à tous, pour mettre en place des transports en commun, des actions de prévention, de l’action culturelle telle que nous en faisons par exemple dans les lycées pendant Panoramas…

À partir de quand commencez-vous à plancher sur son organisation, sa programmation ? Comment se répartissent les rôles ?

À partir d’août/septembre, donc 7/8 mois avant l’évènement. Nous partageons nos coups de cœur artistiques et Joran (le directeur artistique) et une partie de l’équipe sillonnent la France, l’Europe pour voir le maximum d’artistes sur scène et découvrir les talents de demain…

Et puis nous échangeons aussi beaucoup avec le bureau, le conseil d’administration. Nous organisons même un séminaire chaque année ou toutes les idées sont les bienvenues !

Après nous mélangeons tout ça, nous voyons ce qui est réaliste, envisageable en fonction du budget et chacun s’attelle à la tâche : coordination, programmation, communication, comptabilité, ressources humaines, régie…

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Quel est son impact économique sur le territoire ?

Directement et indirectement, nous dépassons le million d’euros : emplois, achats directs du festival, hébergement, restauration, grande distribution, transports… Rien qu’en termes d’emplois, le festival représente 300 embauches et l’association Wart sur une année c’est l’équivalent de 20 temps pleins, dont une bonne partie sur le territoire du Pays de Morlaix.

Parvenez-vous à mesurer aujourd’hui la notoriété du festival en dehors de ses frontières morlaisiennes ?

En partie : le festival est désormais de renommée nationale, voir internationale pour les spécialistes en matière de musiques électroniques, pour les médias spécialisés et pour les agents et artistes qui n’hésitent plus une seconde à venir y jouer.

Après, nous sommes moins généralistes que certains évènements plus inter-générationnels, mais les musiques électroniques ont le vent en poupe, notamment auprès des plus jeunes qui viennent chaque année de plus en plus loin : si un tiers est originaire du Pays de Morlaix, un autre tiers de Bretagne, le tiers restant se déplace depuis toute la France désormais.


Billetterie et infos pratiques

Hébergements disponibles pour le festival

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